|
Il ne faut jamais perdre de vue que le statut politique de la
Corse est celui d'une Nation vaincue par les armes d'un �tat qui lui a impos� sa loi
sans qu'aucun trait� d�ment n�goci� en ait confirm� juridiquement la valeur.
�tat de droit dit on. Nous r�pliquons �tat de fait. La
dur�e d'une occupation administrative, militaire, �conomique et culturelle ne saurait
suffire � en l�gitimer la p�rennit�. Nous avons donc le devoir de nous en d�barrasser
pour r�tablir les us et coutumes internationaux sous garantie des nouvelles dispositions
europ�ennes.
Par quelle m�thode y parvenir? Il n'est pas d'autre question
que celle l�. Nulle id�ologie ne nous y aidera? Nulle formation politicienne non plus.
Notre salut r�side dans l'affirmation permanente de notre personnalit�. Seule l'analyse
exacte de notre situation, des voies et des moyens de recouvrer nos droits et nos
libert�s fondamentales permettra, au nom des droits et des devoirs des communaut�s
humaines, de reprendre place dans la soci�t� des nations spoli�es.
Do� la n�cessit� de disposer au plus t�t d'un Bureau
d'Information et d'Enqu�tes afin de parvenir � une juste �valuation de nos forces,
fond�e sur des expertises nationales et internationales. Il n'existe pas de fatal
d�sastre. Toute d�faite est en nous. Il n'y a pas en politique de martingale infaillible
fond�e sur l'usage des sentiments, seule l'Histoire fait Loi.
Tout comme la guerre ouverte, l'action politique s�rieuse
n'est rien d'autre qu'un art d'ex�cution et non une collection de projets d'opportunit�
finissant g�n�ralement en vell�it�s.
A cette heure-ci face
� de trop
nombreuses d�marches contradictoires, aucune certitude ne se d�gage vraiment. N�anmoins
se fait sentir le fr�missement d'une �bauche de rapprochement des forces patriotiques.
Seule une volont� forte de rassemblement nous permettra de transcender le fatalisme qui
demeure dans notre nature, y compris dans l'acceptation du malheur, et nous conduira �
l'indispensable unit�.
Mais par del� toute revendication strictement politique,
l'appel obstin� � la Justice et au Droit devrait �tre la pierre angulaire de notre
action mettant en avant notre sens reconnu d'une solidarit� internationale � laquelle
nous n'avons jamais failli, parce que pr�cis�ment � aucun moment de notre modeste
Histoire nous n'avons jamais ni humili� ni m�pris� ni asservi personne.
Ce droit de vivre libre que nous reconnaissons
respectueusement � autrui au nom de notre hospitalit� nous voudrions simplement qu'on
nous le reconnaisse � nous m�mes sur notre propre terre.
PETRU ROSSI
Source photo :
Unit� Naziunale, Archives du site.
Source info :
Cyber Journal A NAZIONE 2000
� UNITA NAZIUNALE 1999 - 2006 |